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Bibliothèque départementale des Hautes-Alpes

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Cette synthèse a été rédigée pour l'essentiel à partir des contributions des intervenants à la 10e Rencontre des bibliothécaires des Hautes-Alpes, intitulée "Mise en réseau des bibliothèques : l'union fait la force !", qui s'est déroulée le 6 octobre 2016 à la Bibliothèque départementale.

87052845 illustration Converti resultatLongtemps, les bibliothèques municipales ont coexisté sans liens institutionnels. La coopération se faisait sur la base du bon voisinage et du volontariat. La législation sur l’intercommunalité permet aujourd'hui une nouvelle organisation de la lecture publique.

La coopération intercommunale entre bibliothèques est désormais encouragée. Elle permet de maintenir et renforcer l’offre de service public. Dans son dépliant « La mise en réseau des bibliothèques tout le monde y gagne », l’Association des bibliothécaires de France (ABF) affirme que la coopération intercommunale améliore les services rendus par les bibliothèques à la population dans un contexte de maitrise des coûts.

Cette synthèse a été rédigée pour l'essentiel à partir des contributions des intervenants à la 10e Rencontre des bibliothécaires des Hautes-Alpes, intitulée "Mise en réseau des bibliothèques : l'union fait la force !", qui s'est déroulée le 6 octobre 2016 à la Bibliothèque départementale.

87052845 illustration Converti resultatLongtemps, les bibliothèques municipales ont coexisté sans liens institutionnels. La coopération se faisait sur la base du bon voisinage et du volontariat. La législation sur l’intercommunalité permet aujourd'hui une nouvelle organisation de la lecture publique.

La coopération intercommunale entre bibliothèques est désormais encouragée. Elle permet de maintenir et renforcer l’offre de service public. Dans son dépliant « La mise en réseau des bibliothèques tout le monde y gagne », l’Association des bibliothécaires de France (ABF) affirme que la coopération intercommunale améliore les services rendus par les bibliothèques à la population dans un contexte de maitrise des coûts.

Pourquoi mettre en réseau des bibliothèques ?

Un réseau : des services

visuel plansarreguemines resultatLa mise en réseau des bibliothèques permet en premier lieu d’offrir plus de services à la population. Aucun établissement ne peut assumer seul l’ensemble des besoins et attentes du public.

Par ailleurs, la coopération intercommunale permet aussi la mutualisation de certains moyens humains et financiers, dans un contexte de raréfaction des finances publiques.

Enfin, elle répond à une réalité territoriale : les populations vivent dans des "bassins de vie" composés de plusieurs territoires diversement dotés et complémentaires entre eux. Les habitants jouent naturellement sur cette complémentarité pour accéder à de meilleurs services, notamment en bibliothèque. Ils créent ainsi naturellement un réseau qu'il est nécessaire d’organiser, en pratique et politiquement.

Stratégiquement, la mise en réseau vise donc à mettre en œuvre une politique de lecture publique solidaire des populations et des territoires. Elle vise à accroître les publics touchés et à renforcer l’offre sur le territoire pour garantir l’équité d’accès à l’information et à la documentation.

Quelle est la démarche à suivre ?

Quelle est la démarche à suivre ?

Deux options stratégiques

Carte Bibliotheque Terres Vives 500Plusieurs bibliothèques peuvent décider spontanément, sur l'impulsion ou avec l’accord de leurs élus, de travailler ensemble autour de services aux usagers. Mais bien souvent c'est le passage à l'intercommunalité qui fait émerger l'idée de réseau.

Une stratégie de mise en réseau peut donc suivre deux chemins différents :

  • Le transfert de compétence au niveau d’un EPCI (établissement public de coopération intercommunale). C’est la solution la plus aboutie et la plus institutionnelle.
  • La coopération entre bibliothèques sous la forme d’un conventionnement entre collectivités ou par délibérations concordantes dans certains domaines.

Ces deux chemins permettent de mettre en place de nouveaux services communs et de mutualiser des moyens dans des proportions et selon des modalités très variables. Ils présentent l'un et l'autre des avantages et des inconvénients.

Les principes directeurs

boussoleQuel que soit le chemin choisi, il est important de toujours garder à l’esprit les principes directeurs suivants :

  • la proximité : pour favoriser un égal accès sur le territoire, le temps de déplacement d’un usager vers la bibliothèque ne doit pas excéder 15 mn ;
  • la solidarité : les membres sont solidaires entre eux mais chacun à sa mesure, en fonction de sa taille, sa population, ses moyens... ;
  • la complémentarité : elle est à rechercher systématiquement, dans les collections, les activités, les équipes...

À partir de ces principes, on peut mettre en œuvre des actions adaptées qui satisferont élus, bibliothécaires et publics.

Gouvernance et conduite de projet

ABC MethodePremière étape : constituer un comité de pilotage (élus et techniciens) et un groupe de travail qui accompagneront le projet de mise en réseau du début à la fin.

Le groupe de travail sera constitué de techniciens (tout particulièrement de bibliothécaires) qui travailleront concrètement sur le projet : état des lieux, diagnostic, élaboration des scénarios et d'un calendrier de mise en oeuvre (voir l’exemple du réseau Mur à la page), etc. Il est souhaitable qu'un représentant de la BDP participe à ce groupe de travail. Il y apportera son expertise et jouera, si nécessaire, le rôle de conseil.

Le comité de pilotage s'appuiera sur les travaux du groupe de travail pour valider les principales étapes du projet : diagnostic de territoire (état des lieux des équipements et des services proposés), scénarios, mise en oeuvre du scénario choisi... Le comité de pilotage réunit en principe élus et représentants des bibliothèques de chaque territoire. Un agent de la Bibliothèque départementale, le Conseiller livre et lecture de la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) peuvent être invités à siéger pour des avis consultatifs.

Instaurer cette gouvernance et cette méthode de projet est l’assurance d’une bonne prise en compte des besoins des différents acteurs du projet, d'une cohésion indispensable entre ces mêmes acteurs, d’une créativité démultipliée et au final d'une meilleure efficacité.

Quels avantages pour le public ?

Quels avantages pour le public ?

L’enrichissement de l’offre documentaire

DSCN0994 resultatLe recensement de l'ensemble des collections présentes dans différentes bibliothèques au sein d’un catalogue unique, informatisé, permet de proposer au public une offre élargie.

Mais l'usager n'y trouve son intérêt que s'il peut accéder à cette offre enrichie de documents. Soit il se déplace jusqu'à la bibliothèque pour y emprunter le document souhaité. Soit le document lui est apporté dans la bibliothèque qu'il a l'habitude de fréquenter.

Dans l'un ou l'autre cas, les bibliothèques doivent harmoniser leurs conditions de fonctionnement et proposer à leurs usagers une carte unique d'accès leur permettant d'emprunter dans n'importe quel point du réseau. 

La médiation

Visuel RIB 2016 xl largeDans le domaine de l’animation et de la promotion des collections et services, les enjeux de la mutualisation sont très importants : temps d'organisation, baisse des coûts, mise en commun de moyens techniques et de communication. Les actions du réseau et de son territoire gagnent en envergure et par conséquent en visibilité. Les acteurs apprennent à se connaitre et créent des relations solides en travaillant autour d’un projet commun. Le réseau se structure progressivement.

Dans ce domaine, le recrutement d’un personnel intercommunal est particulièrement intéressant. Cependant, certaines animations régulières resteront organisées localement : heure du conte, comités de lecture, présentation de livres, etc.

L’offre de nouveaux services

portage a domicileLa mise en commun de moyens humains, matériels, financiers, logistiques, etc. doit permettre d’offrir de nouveaux services à l’usager. Certains services ont quelques difficultés à être mis en place au niveau d’une commune ou d’une bibliothèque seule. C’est notamment le cas de tout ce qui concerne l’accueil ou le service rendu à des publics spécifiques :

  • la petite enfance : au-delà d'une offre de base présente dans toutes les bibliothèques, il peut être pertinent de développer dans une des bibliothèques un fonds et un accueil spécifiques ouverts conjointement aux parents, enfants et personnels petite enfance du secteur géographique ;
  • les mal voyants : les livres en gros caractères doivent être proposés dans chaque bibliothèque mais un fonds augmenté d'audio livres, d'une bibliothèque sonore ou de matériel adapté ne peut être à la disposition du public que dans l'une d'elles (livres audio Daisy par exemple).
  • le numérique : toutes les bibliothèques peuvent être équipées de postes et d'accès Internet mais l'une d'entre elles peut abriter un espace dédié à la formation au numérique : ateliers de pratique numérique, fab lab (laboratoire de fabrication), etc.
  • le portage des livres à domicile : il n’est pas facile pour une bibliothèque seule de dégager du temps et du personnel pour ce portage. Mais à plusieurs, c’est possible.

Comment fonctionne l'intercommunalité pour les bibliothèques ?

Comment fonctionne l'intercommunalité pour les bibliothèques ?

CapturemuralapageL’essentiel de notre organisation en EPCI (établissement public de coopération intercommunale) repose sur la loi Chevènement du 12 juillet 1999 qui définit les EPCI à fiscalité propre : communautés de communes et d’agglomération. Depuis cette date, plusieurs lois ont visé à clarifier les domaines des communes, EPCI, départements et régions.

L’information importante pour les bibliothèques est que la « compétence lecture publique » n’existe pas dans la loi. Pour les communautés de communes et les communautés d’agglomération, le Code général des collectivités territoriales mentionne une compétence optionnelle intitulée « Construction, entretien et fonctionnement d’équipements culturels d’intérêt communautaire ». Mais cela revient au même, car l’intérêt communautaire, c’est-à-dire le périmètre d’application de cette compétence, est librement défini par le conseil communautaire (à la majorité des deux tiers).

Par ailleurs, en dehors même de cette compétence optionnelle, il est possible de faire également beaucoup de choses qui ont trait à la lecture publique : l’action culturelle, la mise en réseau informatique, etc.

Pour reprendre la typologie élaborée par Dominique Lahary dans son intervention du 6 octobre 2016 à la BDP des Hautes-Alpes, il existe au moins 4 façons de faire de la coopération intercommunale. Ces différentes façons seront illustrées par l’exemple du réseau Mur à la Page (communauté de communes de Mur-ès-Allier : 6 698 habitants), qui a été présenté à cette même journée du 6 octobre 2016.

Première façon : l’intercommunalité des équipements

BMI EpinalElle consiste en le transfert, ou la création, de bâtiment, de personnel, de collections, à l’intercommunalité (les trois ensembles ou bien une partie seulement). Avec l’intérêt communautaire, tout est possible. On peut transférer aucune bibliothèque, une bibliothèque, quelques bibliothèques ou toutes les bibliothèques d’un territoire défini. Les critères de cet intérêt communautaire peuvent être objectifs et argumentés ou bien arbitraires.

Dans le cas du réseau Mur à la page, les bâtiments et les personnels n’ont pas été transférés à l’intercommunalité. Ils restent de compétence communale. Néanmoins un poste de coordinateur intercommunal a été créé pour animer le réseau.

Deuxième façon : l’intercommunalité de gestion

Capture portail miop resultatDans ce cas, des outils de gestion sont assumés au niveau intercommunal, comme par exemple l’informatique de bibliothèques : le système de gestion de bibliothèques (SIGB) et le portail. Ce transfert a notamment pour avantage de faciliter la mise en place d’un seul catalogue et d’un seul fichier d’emprunteurs, conditions requises pour l’établissement d’une carte commune.

Les ressources documentaires peuvent aussi passer à un niveau de gestion intercommunal pour tout ce qui concerne les acquisitions, le traitement intellectuel et matériel des documents (catalogage, équipement ; pour tout ou partie) ainsi que pour les ressources numériques en ligne.

Dans le cas du réseau Mur à la Page, l’informatisation du réseau de bibliothèques et l’acquisition du logiciel commun (en l’occurrence PMB) et du matériel informatique sont portées par l’intercommunalité. De même, les ressources documentaires sont en partie passées à l’intercommunalité puisqu’un budget intercommunal d’acquisition, en plus des budgets communaux, est prévu pour développer des fonds spécifiques dans les bibliothèques. La coordinatrice du réseau assure les acquisitions du fonds spécifique et gère le traitement intellectuel des documents.

Troisième façon : l’intercommunalité des ressources humaines

LibrarianDeux modèles sont possibles dans ce cas, avec des variantes. Pour un premier modèle, dit "intégré", l’ensemble des équipes sont gérées par l’intercommunalité avec éventuellement des services communs (action culturelle par exemple).

Pour un deuxième modèle, "non intégré", les équipes relèvent de collectivités distinctes même si une mission de coordination peut être éventuellement portée au niveau intercommunal.

Une combinaison de ces deux modèles est possible sachant qu’ils permettent tous les deux :

  • la mutualisation des compétences : ce que chacun sait ou sait faire, tout le monde peut en profiter ;
  • la répartition des tâches : plutôt que de faire tout partout, on partage ou on répartit ;
  • le travail transversal : des groupes de travail peuvent se mettre en place.

Dans le cas de Mur à la Page, un poste intercommunal de coordinateur a été créé. La personne anime l’ensemble du réseau : formations, réunions de travail, uniformisation des pratiques, action culturelle, etc. Les autres salariés (3 à temps partiel dont un professionnel) et les 28 bénévoles restent du ressort des communes.

Quatrième façon : l’intercommunalité de services

cartelecteur 835x500Dans ce cas, on se positionne du côté de l’usager et on lui propose plus de services grâce à l’intercommunalité. Ces services supplémentaires tournent autour de l’offre d’une collection unique et élargie pour l’ensemble des usagers des bibliothèques concernées.

Cela passe d’abord par un catalogue unique et une carte unique : usagers et documents peuvent alors se déplacer dans toutes les bibliothèques du territoire concerné. Si les usagers se déplacent, ils empruntent et rendent dans la même bibliothèque. Si les documents se déplacent, il faut créer une navette retour (je rends n’importe où dans le réseau) et/ou une navette aller (je fais venir de n’importe où). Et c’est un service que les publics apprécient beaucoup.

Cette offre de services supplémentaires passe aussi par un portail commun proposant de l’information sur le réseau et éventuellement des ressources numériques.

Enfin, l’intercommunalité de services peut aussi passer par un accueil coordonné avec une combinaison des horaires d’ouverture des bibliothèques et par des actions culturelles coproduites et coordonnées au niveau intercommunal.

Le réseau Mur à la page propose un tarif unique et une carte commune permettant aux usagers d’accéder à toutes les bibliothèques. Ils peuvent se déplacer pour aller emprunter où bon leur semble. Pour le moment, il n’y a pas de navette assurant la circulation des documents entre les bibliothèques. Mur à la page propose également un portail commun donnant accès à des informations sur le réseau et au catalogue commun.
Enfin, le point fort du réseau est l’offre d’animations portée au niveau intercommunal pour l’ensemble des bibliothèques. Un budget de 7 000 euros par an, géré par la coordinatrice, est prévu pour les animations (résidence d’auteur, heures du conte, prix Croqu’en livres, culture manga, fête du jeu...).

Mise en réseau des bibliothèques hors prise de compétence intercommunale

Mise en réseau des bibliothèques hors prise de compétence intercommunale

CaptureaufildespagesUn réseau de bibliothèques peut exister sans que l’EPCI ait pris la compétence « gestion d’équipements culturels ». En effet, rien n’empêche les collectivités d’organiser autrement des formes de coopération intercommunale en matière de lecture publique. On parle alors aussi de réseau, mais sans transfert de compétences.

Ces coopérations peuvent prendre la forme de services communs disposant ou non de personnel intercommunal. Elles se traduisent par des montages administratifs et financiers divers. Mais ces coopérations répondent toutes au même objectif vis-à-vis des publics : offrir un service de lecture publique optimal à l’échelle d’un territoire défini.
Dans la plupart des cas, il s’agit d’organiser l’informatisation du réseau de bibliothèques, la circulation des documents (grâce à une navette) et des usagers (cartes de lecteurs et tarifs uniques) ; il s’agit parfois également d’établir un règlement intérieur commun et de favoriser la coopération professionnelle (par la mise à disposition de personnel, par exemple).

Coopération par conventionnements

Convention entre communes (exemple du réseau « Au fil des pages » dans le département des Yvelines)

Captureaufildespageslogo14 communes de la communauté de communes Cœur d’Yvelines Pays de Montfort participent à un réseau de lecture publique sur la base d’un conventionnement. Chaque commune adhérente participe aux frais de fonctionnement du réseau. Leurs habitants peuvent adhérer au réseau et circuler sur l’ensemble des bibliothèques grâce à une carte de lecteur et un règlement intérieur uniques. Le réseau est géré par un comité de pilotage composé des maires et des bibliothécaires de chaque commune.

Dans ce type de fonctionnement, il n’y a pas d’agent intercommunal. Certains des agents communaux ont une mission intercommunale à temps partiel. Par exemple, une bibliothécaire d’une commune est mise à disposition 5 heures par semaine pour faire la coordination sur la politique documentaire et les animations. Un agent d’une autre commune est mis à disposition 7 heures par semaine pour assurer les navettes de documents.

La convention est une succession d’articles stipulant, entre autres :

  • l’engagement financier des communes (participation financière annuelle au prorata du nombre d’habitants) ;
  • les moyens mis en œuvre (informatisation, création du portail documentaire, système de navettes pour la circulation des documents, carte lecteur et tarif uniques, horaires harmonisés, coopération professionnelle gratuite, politique documentaire commune inscrite dans une charte, programmation concertée des animations).

Dans cet exemple, les équipes relèvent de collectivités distinctes, mais œuvrent quand même pour les populations du territoire intercommunal. Nous sommes dans un modèle non intégré de gestion intercommunale des ressources humaines.

 

Convention entre commune et communauté de communes

Exemple de la Médiathèque Frasne Drugeon (Doubs)

CapturevaldrugeonLe réseau est constitué d'une médiathèque intercommunale tête de réseau (MTR) et 6 bibliothèques municipales : 7 communes sont donc concernées (sur 10 de la communauté de communes).

Ici, la convention est établie entre la communauté de communes Frasne Drugeon (CFD) et la commune de Frasne. Elle porte sur le montage financier et le suivi administratif d’un poste d’adjoint du patrimoine. Les deux collectivités prennent en charge une partie du poste, chacune à hauteur de 50%.

Le reste des équipes des 5 bibliothèques (1 autre salariée et 16 bénévoles) relève de chaque collectivité concernée. Les services proposés à la population sont les suivants :

  • Une carte unique pour circuler dans toutes les bibliothèques du réseau, gratuite pour tous les habitants de la communauté de communes.
  • Un catalogue commun, en ligne depuis le site de la CFD, avec possibilité d’enregistrer une réservation et de la faire acheminer dans la bibliothèque souhaitée.
  • Des navettes internes entre bibliothèques programmées à la demande : certaines bibliothèques changent régulièrement de petites quantités, d’autres changent leurs fonds 4 à 5 fois par an, en intégralité ou presque. Les navettes sont organisées au cas par cas.
Exemple de la médiathèque d'Aubenas (Ardèche)

photo mediatheque aubenasEn 2006, le conseil municipal de la ville d’Aubenas a pris une délibération pour sa nouvelle médiathèque municipale, à vocation intercommunale. L’objet de cette délibération était : « Financement et gestion de la Médiathèque - Mise en place d’un fonds de concours ».

Il s’est agi alors de constituer un comité de gestion Ville d’Aubenas / communauté de communes du Pays d’Aubenas Vals, puis d’établir une convention précisant les modalités de gestion de la médiathèque, tant techniques (par le biais du comité) que financières, par la création d’un fonds de concours annuel de la part de la communauté de communes pour la commune d’Aubenas.

Précisons qu'un fonds de concours est une participation versée par une collectivité ou un établissement public local à un organisme assurant la maîtrise d'ouvrage d'une opération d'équipement. Par ce dispositif, l’EPCI intervient dans un domaine où il n’est pas compétent, c’est d’ailleurs une des raisons d’être de ce dispositif dérogatoire. Dans cet exemple, la communauté de communes participe financièrement (50%) à l’investissement et au fonctionnement de la médiathèque communale.

À noter : depuis 2015, la médiathèque est devenue un service de la communauté de communes du Pays d'Aubenas-Vals.

 

Coopération par délibérations concordantes

Exemple du réseau de médiathèques du Pays d’Apt (Vaucluse)

CapturepaysdaptCet exemple a été présenté à la 10e Rencontre des bibliothécaires des Hautes-Alpes (voir présentation de Muriel Trinchillo). Ce réseau de 8 bibliothèques est formalisé uniquement par le biais d’un règlement intérieur commun, régulièrement mis à jour avec des avenants, passé par délibérations concordantes. Dans le fonctionnement quotidien, cela se passe de la façon suivante :

  • les adhérents possèdent une carte unique mais physiquement chaque structure commande ses cartes et perçoit les droits d'inscription ;
  • il y a mise en commun des documents de l’ensemble des bibliothèques, grâce au logiciel partagé (Orphée) ;
  • il n’y a pas de personnel mutualisé, ni de poste de coordinateur de réseau. Mais chacun a un rôle à jouer : 1 personne est chargée de la communication, 1 des relations avec C3rb (fournisseur du logiciel) ;
  • aucune médiathèque n’est tête de réseau : lors de la prise de décision, chaque structure a une voix et les décisions sont prises à la majorité ;
  • la gestion du réseau n’est pas intercommunale : chaque structure reste complètement autonome en matière de personnel, d’administration, de budget et de gestion.
  • les huit structures bénéficient de tous les services de la BDP.

Conclusion

Conclusion

ensembleIl s’avère donc qu’il n’existe pas de recette unique pour constituer un réseau de lecture publique. Il existe une combinaison infinie des possibles : réseau sans transfert de compétences (par conventionnement), transfert de la gestion de tout ou partie des équipements et des personnels à la communauté, mise en réseau informatique de tout ou partie des bibliothèques, mutualisation des moyens sous diverses formes, mise en commun de compétences et de projets, etc. Il n’y a pas de modèle imposé pour organiser son réseau mais autant de manières de faire que de contextes et de besoins. Il s’agit avant tout de tenir compte du contexte local.

De même, il est difficile de fixer par avance la taille idéale d’un réseau de bibliothèques. On peut néanmoins avancer l’hypothèse qu’au-delà de 12 bibliothèques pour un même territoire, les bénéfices de la mise en réseau tendent à être rognés par les lourdeurs inhérentes à un trop grand nombre de partenaires.

Ce qui est certain, c’est que tout le monde y gagne. Les usagers bénéficient de nouveaux services. Les bibliothèques se renforcent en unissant leurs moyens et leurs services sans que cela remette en cause la proximité. Les bibliothécaires (salariés comme bénévoles) sont moins isolés et peuvent bénéficier des moyens et compétences des autres. Les bibliothèques départementales développent leur réseau de bibliothèques, ce qui est leur principale raison d'être, tout en restant plus que jamais utiles. Elles doivent cependant revoir leurs modalités d’intervention et réorienter leurs moyens afin de s’adapter à cette nouvelle organisation territoriale de la lecture publique.

Pour aller plus loin

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