Coup de cœur BD
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Juliette : les fantômes reviennent...
Juliette est une jeune trentenaire qui vit à Paris. Elle retourne quelques jours chez son père, quelque part en province. Hypocondriaque, anxieuse, elle traîne un mal-être et cherche du réconfort auprès de sa famille - une famille haute en couleurs et en humeurs. Ces quelques jours vont remuer des souvenirs, des fantômes du passé... Mais ils seront aussi l'occasion d'une belle rencontre. Camille Jourdy a l'art et la manière de mettre de la magie et de la poésie dans la vie banale de gens ordinaires. Elle décrit un quotidien aux notes pastel avec humour, nostalgie et bienveillance. Un énorme coup de cœur pour cette histoire à la fois rocambolesque et mélancolique. L'auteure a également écrit la trilogie Rosalie Blum, qui a été adaptée au cinéma en mars 2016. Julie, Bibliothèque de Briançon Juliette : les fantômes reviennent au printemps / Camille Jourdy - Actes Sud, 2016 Voir dans notre catalogue -
Bons baisers d'Iran
L'Iran, berceau d'une civilisation millénaire, pays à l'histoire mouvementée et au riche patrimoine architectural fait régulièrement l'objet de publications. Dans Bons Baisers d'Iran, Lénaïc Vilain nous emmène en voyage. Avec sa compagne, il décide de faire du tourisme dans un pays qui ouvre ses portes aux étrangers depuis peu. Ils visitent Téhéran la capitale, Ispahan « la perle de l'Orient », Persépolis et Chiraz, se plongent dans une autre culture et façon de vivre. Cette BD est donc un récit de voyage illustré où l'auteur essaye de tordre le cou aux préjugés, aux idées préconçues avec humour et naïveté. Les visites se succèdent enchainant des scènes tantôt cocasses tantôt gênantes pour nos deux occidentaux. On découvre un pays qui oscille entre modernité et traditions, qui aimerait donner une meilleure image de lui pour attirer plus de touristes. La BD est également un bel objet, papier style parchemin, bichromie, couverture soignée. Coup de cœur ! Catherine, Bibliothèque de Briançon Bons baisers d'Iran / Lénaïc Vilain - Éditions Vraoum !, 2015 Lénaïc Vilain dans notre catalogue -
Une maternité rouge
Alou, jeune cueilleur de miel malien, sauve de la destruction programmée par des extrémistes islamistes une statuette – œuvre d’art des maîtres du plateau Dogon – la Maternité rouge. Lorsqu’il présente son trésor au vieil instituteur de son village, celui-ci lui demande de se rendre en France et de léguer au musée du Louvre cette statuette, héritage culturel précieux, afin qu’elle soit sauvegardée. Alou prend alors la route des migrants et va mêler sa quête à celle de ses frères africains partis à la recherche de jours meilleurs. Il va partager tout au long de ce périple leur extrême souffrance. Lax est un illustrateur hors pair qui nous offre, à travers cette bande dessinée, des paysages et des scènes silencieuses d’une très grande beauté, dont la violence parfois brute décrit simplement le quotidien d’Alou. L’auteur porte un regard sans concession sur la complexité de notre époque tout en délivrant un message d’une grande humanité. Un très bel album. Patrick, Bibliothèque départementale voir catalogue Une Maternité rouge / Christian Lax - Futuropolis, 2019 -
Aldobrando
Sachant sa fin toute proche, le père d’Aldobrando confie son jeune fils à un vieux mage. Celui-ci doit le protéger, l’éduquer jusqu’à qu’il soit apte à parcourir le monde. Quelques années plus tard, grièvement blessé à l’œil, notre sorcier envoie Aldobrando quérir en urgence une plante miracle : l’herbe du loup. Mais pour cela notre jeune héros devra affronter le vaste monde. Commence alors un grand récit picaresque. Merveilleux exercice de style des auteurs qui empruntent à Don Quichotte de Cervantes, au Fabliaux du moyen-âge, à la chanson de geste et au conte. Gipi a su donner une vraie psychologie à ses personnages, une densité dans le récit et Critone nous transporte par ses couleurs somptueuses. Cette bande dessinée est un ovni que l’on lit d’une traite. Patrick, Bibliothèque départementale Aldobrando / Gipi & Critone - Casterman, 2020 -
L'homme qui tua Chris Kyle
Chris Kyle, auteur du best-seller American sniper, est tué par balle le 2 février 2013 au Texas. L’assassin, Eddie Ray Routh, est un vétéran comme lui. Comment ce héros américain, revenu quatre fois d’Irak, recordman du nombre de tués par les soldats de l’armée américaine, s’est-il fait abattre par un de ses compatriotes ? C’est à cette question que tentent de répondre Fabien Nury et Brüno, dans cette BD au scénario haletant, bien ficelé, et au dessin très efficace. Une œuvre qui dépeint subtilement la société américaine dans ses rapports à la guerre, à l’honneur, aux armes et à la religion. Sophie, Bibliothèque départementale L’homme qui tua Chris Kyle / Nury & Brüno – Dargaud, 2020 Voir dans le catalogue -
Descension
Descension – Thomas Luksenberg En montagne, on parle toujours des ascensions, ces efforts parfois collectifs, souvent solitaires pour gravir les sommets, se lancer à l’assaut des cols, pour admirer notre terre de haut et passer de vallées en vallées. Toujours, il faut penser à redescendre ! Qu’irions-nous faire là-haut dans ces espaces inhospitaliers ? C’est alors la descension, cette descente se fait souvent avec une pointe de nostalgie, comme un repli sur son moi intérieur. L’ascension accomplie, l’exploit réalisé, il faut revenir à la réalité. Reste les souvenirs, les moments de souffrance et de plaisir, parfois entremêlés… Thomas Luksenberg nous invite à une triple lecture – comme l’indique Philippe Claudel dans sa préface – d’une descension. Le décor est bien la montagne, mais le voyage est intérieur. Partir en montagne, c’est se confronter aux risques, mettre en péril sa vie, c’est aussi souvent faire le point, se confronter à ses démons personnels, chercher une issue, comprendre ce qui fait creux, l’absence d’un être chéri, faire son deuil…Le chemin et le chagrin font parfois des détours qui nous permettent de voir autrement qui nous sommes et ce que nous sommes venus chercher… Le dessin de Thomas Luksenberg est épuré (on pense à Samivel – en couleur certes), la langue est concise et poétique, l’agencement du texte et des images donne la possibilité de multiples lectures. Voici une belle bande dessinée qui mêle émotions et montagne, un travail à suivre… Jean-François Baudin, bibliothèque départementale - avril 2024 -
La neige était sale - Simenon adapté en BD
La neige était sale – d’après Georges Simenon ; Fromental & Yslaire Fromental et Yslaire se sont attachés à l’adaptation de l’un des meilleurs romans « durs » de Georges Simenon. Auteur prolifique et réputé des fameuses enquêtes de l’inspecteur Maigret, Simenon a aussi écrit une quantité de « romans durs » la plupart très noirs. La neige était sale, que Simenon considérait comme son meilleur roman, raconte l’histoire d’un jeune homme jouant les caïds dans un pays occupé par une force totalitaire imposant de nombreuses restrictions. Fils de la tenancière d’un petit bordel, il volète des pensionnaires de sa mère à Sissy sa petite voisine de palier. Dans cet univers marginal et très noir ce jeune garçon va faire l’apprentissage d’une certaine forme de rédemption après son arrestation, revisitant tous ses méfaits à l’orée de ses émotions. Yslaire, l’auteur de la série Sambre, réussi à rendre une atmosphère à la fois romantique et noire (par son dessin bicolore réputé déclinant les tons de rouges et de gris ; flirtant parfois avec l’ocre). L’adaptation de Fromental maintient suspens et rythme donnant à cette adaptation du roman de Simenon une atmosphère et une dynamique rendant hommage au maître belge du polar francophone. Très belle adaptation à lire de toute urgence. Jean-François Baudin, bibliothèque départementale - juin 2024 LA NEIGE ÉTAIT SALE La collection LES ROMANS DURS -
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L'Artiste à mi-temps
« Tu sais, la première fois que j’ai publié un dessin et qu’on m’a payé, j’ai gagné 217 euros. J’en revenais pas. » Tim, dessinateur idéaliste, gagne sa vie à temps partiel dans le CDI d’un lycée pro. Avec son collègue musicien, il essaie d’aider des élèves pas très chanceux que le système éducatif destine à l’industrie alimentaire ou à la restauration collective. Durant l’année scolaire, il sera amené à donner un cours d’expression artistique. À l’occasion d’une grève, il sera également chargé de bloquer l’accès au collège, ce qu’il fera à sa manière. Au fil de son récit, Timothée Ostermann croque une galerie de personnages et une série de situations aussi drôles que touchantes. Son récit sent le vécu et nous emporte par sa justesse et ses moments de poésie. Un vrai plaisir de lecture ! Éric, Bibliothèque départementale Voir dans le catalogue -
La Route
Le chef d’œuvre de Cormac McCarthy - prix Pulitzer 2007 - adapté, mis en images par Manu Larcenet L’histoire débute par une somptueuse planche – on pense aux gravures de Dürer – décrivant un monde de désolation, de cendres, de fumées. Paysage post apocalyptique d’une Amérique dévastée. Un homme et un enfant scrutent l’horizon. Ils ont peur. Peur de la barbarie des survivants, peur du néant. Entre la désolation et la violence de ce nouveau monde le père et le fils marchent et suivent la route les menant au sud, espérant trouver la mer. Leur quotidien est un éternel recommencement. Déambulation sur la route, recherche d’un abri ou de nourriture. Seul le mouvement leur assure la survie. La marche revêt dans ce récit existentiel un aspect symbolique. La route est le récit glaçant de l’innocence confrontée à l’innommable. Dans cette bande dessinée le travail de Manu Larcenet sur les nuances de gris et la traduction du silence par le dessin est absolument remarquable. Patrick, Bibliothèque départementale Voir dans le catalogue
