Coups de coeur adultes
Cette trilogie des ombres qui se passe de 1941 à 1944 dans cette Islande froide, occupée tour à tour par les soldats allemands, anglais et américains est fascinante. En toile de fond de ces trois enquêtes policières se trouve la « situation », phénomène historique qui fit que les islandaises, en ces temps troublés, se lièrent massivement avec les soldats étrangers. L'auteur crée une ambiance géniale grâce à ses personnages Flovent, unique enquêteur en activité et Thorson, son complice, soldat américain de parents islandais qui enquête pour l’armée. Trois enquêtes menées avec suspense par Arnaldur Indridason et lues avec passion par le comédien Philippe Résimont.
Marie-José, Bibliothèque départementale
La Trilogie des Ombres / Arnaldur Indriðason - Audiolib, 2017-2018
Dernier livre de cette géniale auteure suédoise.
Camilla Läckberg m’a, une fois n’est pas coutume, époustouflée par l’intrigue de ce récit tarabiscoté qui nous promène tour à tour du XVIIe au XXe de 30 ans plus tôt à aujourd’hui. La disparition de Néa, une enfant de quatre ans, rappelle étrangement une autre affaire. L'affaire Stella, une enfant de quatre ans également, disparue il y a trente ans.
La présence d'un camp de réfugiés Syriens dérange dans la population. Des ados, plus ou moins bizarres, mènent leur vie en dehors de la vue de leurs parents. Un peu de xénophobie, un peu d’amour, beaucoup de haine voilà le cocktail mitonné par Camilla pour notre plus grand plaisir.
Ce dernier roman est sûrement le meilleur ! Mais je dis cela à chaque fois ! Un vrai régal.
Marie-Josée, Bibliothèque Départementale
La Sorcière / Camilla Läckberg - Actes sud, 2017
Troisième volet de la trilogie de Baztan (Espagne). Tous les ingrédients sont là. Trafic de nourrissons après morts subites, secte macabre et étrange. Dolorès Redondo s’est inspirée d’un fait divers réel lu dans un journal qui l’a bouleversée. Elle nous fait voyager à Pampelune en nous concoctant à partir de cet article, 450 pages haletantes de suspense.
Incontournable et à consommer sans modération.
Marie-Josée, Bibliothèque départementale
Une offrande à la tempête/ Dolores Redondo - Mercure de France, 2016
Voici mon coup de coeur totalement partial, subjectif pour un écrivain que je lis avec beaucoup de bonheur et de jubilation depuis 3 ans !
Trois ans que je me bats - symboliquement, quand même - auprès de lecteurs de St Pierre d'Argençon pour qu'ils lisent cette merveille qu'est Tristesse de la terre, ce petit livre magnifique sur ces grands indiens condamnés à rejouer tous les soirs leur défaite dans le cirque de l'immonde Buffalo Bill, ce livre magnifique et immensément triste, un an que je tente de faire découvrir le très beau 14 juillet et l'hommage rendu à tous ces anonymes qui rêvaient d'un monde meilleur (comme le chante Juliette), que je cherche aussi à faire lire Conquistadors, et Congo.
Trois ans que j'aimerais faire partager le bonheur d'ouvrir ces romans-récits, de découvrir à la fois la belle révolte d'un écrivain discret et son écriture délicate, flamboyante mais aussi impitoyable et qui ne laisse pas indifférent.
Donc, lisez L'ordre du jour. Là aussi, c'est net, clair, précis, impitoyable, d'une écriture sans bavures ni fioritures, très belle ! Mais n'oubliez pas les autres livres de Vuillard et surtout plongez-vous dans Tristesse de la terre. Il ne faut pas passer à côté de l'essentiel !
Françoise, bibliothécaire à Saint-Pierre d'Argençon
Un livre très émouvant, Richard Wagamese un auteur d’origine ojibwé décédé en 2017, nous raconte l'histoire de Saul, un jeune indien qui grandit au Canada au début des années 60.
Il a été très jeune enlevé à sa famille, et sera placé dans une école pour blancs. Particulièrement doué pour le hockey sur glace, il quittera l’école pour intégrer les grandes équipes de hockey canadiennes.
L’auteur fait une apologie de ce sport avec forces descriptions passionnantes en nous initiant carrément à ce sport. Toutefois le racisme lié à sa condition d’indien est décrit de façon très sombre. Ce qui donne une intensité poignante à ce roman qui m’a séduite du début à la fin.
Marie-Josée, BDP
Jeu Blanc / Richard Wagames - Editions Zoé, 2017
L'Iran, berceau d'une civilisation millénaire, pays à l'histoire mouvementée et au riche patrimoine architectural fait régulièrement l'objet de publications. Dans Bons Baisers d'Iran, Lénaïc Vilain nous emmène en voyage. Avec sa compagne, il décide de faire du tourisme dans un pays qui ouvre ses portes aux étrangers depuis peu. Ils visitent Téhéran la capitale, Ispahan « la perle de l'Orient », Persépolis et Chiraz, se plongent dans une autre culture et façon de vivre.
Cette BD est donc un récit de voyage illustré où l'auteur essaye de tordre le cou aux préjugés, aux idées préconçues avec humour et naïveté. Les visites se succèdent enchainant des scènes tantôt cocasses tantôt gênantes pour nos deux occidentaux. On découvre un pays qui oscille entre modernité et traditions, qui aimerait donner une meilleure image de lui pour attirer plus de touristes. La BD est également un bel objet, papier style parchemin, bichromie, couverture soignée.
Coup de cœur !
Catherine, Bibliothèque de Briançon
Bons baisers d'Iran / Lénaïc Vilain - Éditions Vraoum !, 2015
Lénaïc Vilain dans notre catalogue
Tsukuru Tazaki est architecte de gares et mène une vie simple et solitaire à Tokyo. Lorsqu’il était lycéen, il faisait partie d’un groupe de cinq amis, unis et inséparables. Mais un jour, Tsukuru va être violemment rejeté par ses quatre amis, sans aucune explication. Sonné, il n’a jamais osé remettre en question la décision de ses amis, ni exiger des explications. Jusqu’au jour où il rencontre Sara, dont il tombe amoureux. Sa relation avec elle va lui donner le courage d’affronter son passé et de tenter de comprendre ce brusque changement d’attitude de ses anciens amis. Tsukuru va ainsi reprendre contact avec chacun d’entre eux, et partir à la découverte de son propre passé.
Un roman très émouvant sur l’amitié et la quête de soi, dans le style inimitable d’Haruki Murakami.
Agnès, stagiaire, Bibliothèque départementale
L'Incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pélerinage / Haruki Murakami - Éditions 10-18, 2015
Voir dans notre catalogue (versions brochée, gros caractères et livre audio)
Il ne fait pas partie de la rentrée littéraire, mais il faut parler de ce livre… une claque littéraire qui laisse une marque dans le cœur, un livre refermé larme à l’œil, mélancolie et tristesse… Et pourtant quelle joie d’accompagner Hugo, dit Bohem, Freddy, La Fouine, Le Chinois et tous les autres !
Que dire d’autre de ce roman qui nous parle de copains, d’amitié, de moto, de MC (Moto-Club de bikers), d’alcool, de rencontres en tous genres, et puis de bagarres, de drogues, de paysages, bref, « le road-movie d’une génération », comme le signale le bandeau… oui, sujet très commun, mais il y a un plus… l’écriture est fluide, les mots simples et justes, des émotions, des frissons, une sensibilité qui déborde à chaque page et une vulgarité certaine.
On se laisse captiver par ce sujet si souvent traité, on est surpris aussi de l’attachement qu’on donne à ces « mauvais garçons », à leur vies de dépravés et à leur violence ! Mais on les aime, car ils rêvent juste de liberté !
Véronique, Bibliothèque Roger Frison-Roche, La Salle les Alpes
Nous rêvions juste de liberté / Henri Lœvenbruck - Éditions Flammarion, 2015
Ce film argentino-espagnol sorti en 2014 a rencontré un vif succès dans son pays et a été primé de nombreuses fois. Sous formes de six sketches, le film met en scènes des personnages qui soumis à une déception, une trahison amoureuse, un sentiment d’injustice « pètent » magistralement les plombs. Perdant leur sang-froid, ils dépassent les limites de tout ce que la société et la justice autorisent. Alors oui, c’est totalement immoral et cynique mais aussi jouissif et dingue. De bons acteurs, des situations où chacun pourrait se retrouver, font de ce film un moment décapant et jubilatoire.
Julie, Bibliothèque de la Salle les Alpes
Les Nouveaux sauvages / Un film de Damián Szifron, 2015
« Récit autobiographique à rétro-pédalage déjanté qui raconte de manière surréaliste la sortie de l’enfance à vélo sur les routes de la Champagne pouilleuse ». Telle est la présentation que fait le conteur Pépito Matéo de son récit.
C’est un peu comme un road-movie où l’on suit les aventures d’un jeune garçon sur son vélo. Les histoires s’entremêlent dans un imaginaire débridé, les rencontres se multiplient et on avance de surprise en surprise avec ce jeune cycliste et ses sacoches un peu encombrantes. L’auteur/acteur nous les raconte dans un texte délicieux d’humour, débordant de jeux de mots et de langage, de réflexions sur l’homme et la société, le tout dans une dynamique bienfaisante.
On l’écoute une première fois par curiosité et on fait tourner en boucle le CD audio pour retrouver les incises, découvrir de nouvelles trouvailles et pour, encore, éclater de rire !
Élodie, Bibliothèque départementale
Sans les mains et en danseuse / Un livre audio de Pépito Mateo. Éditions Oui'dire, 2013.

Ce film-documentaire relate l’histoire d’une équipe de volleyeuses peu ordinaire. En effet, les joueuses norvégiennes sont âgées de 66 à 98 ans et tapent dans le ballon quotidiennement pour le plaisir d’être ensemble, garder une activité physique. Bien sûr, elles ne réalisent pas des grandes performances mais profitent encore de la vie malgré leur grand âge.
Leur entraineuse leur propose un challenge : affronter lors d’un match officiel une équipe adverse : leurs homologues suédois du même âge. Elles acceptent le défi et se préparent comme des professionnelles : trouver des fonds pour le déplacement, acheter des tenues, se mettre au footing. Et le jour de la rencontre arrive.
Ce film- documentaire est une ode à la vieillesse, à la vitalité, à la bonne humeur. Ces dames sont pleines de peps, d’humour, de joie, de courage et de volonté. Et toutes ne sont pas forcément en excellente santé. Goro, 98 ans souffre d’un cancer, mais comme elle le dit malicieusement : « ce n’est pas le cancer qui causera ma mort ». Lillimor, a le dos fracturé. Le sport les unit, les porte, les transcende pour vivre ces moments pleins d’humanité.
À voir pour se rappeler que vieillir n’est pas une fatalité malgré les tracas que cela peut causer. Une bouffée d’oxygène et d’optimisme.
Julie, Bibliothèque de la Salle les Alpes
Les optimistes / un film de Gunhild Westhagen Magnor - 2014
J’ai refermé la dernière page du livre, mon regard s’est arrêté au loin, je la vois devant moi cette jeune femme courageuse, étonnante. Le Japon du douzième siècle, sa sagesse, ses odeurs d’encens.
Une jeune femme Miyuki, va prendre la suite de son mari pêcheur qui est mort, pour porter les carpes à la ville dans les étangs sacrés de l’empereur. Tout au long du chemin on apprend son histoire, son mariage, sa vie simple.
L’amour qu’elle a pour son mari lui donne la force d’aller au bout de la mission qu’elle s’est fixée. Elle sera même choisie pour une cérémonie à la cour de l’empereur ; celui-ci a fait le rêve de « l’odeur de la demoiselle entre deux brumes ». Le parfum de la jeune fille lui rappellera-t-il ce songe ?...
Elle repartira vers son village chargée d’or, de soie… D’autres épreuves l’attendent encore, mais je vous laisse les découvrir en lisant cette belle histoire qui m’a donné de belles émotions.
Carole, Bibliothèque du Dévoluy
Le Bureau des jardins et des étangs / Didier Decoin - Stock, 2016
« - Trois morts, c'est exact, dit Danglard. Mais cela regarde les médecins, les épidémiologistes, les zoologues. Nous, en aucun cas. Ce n'est pas de notre compétence.
- Ce qu'il serait bon de vérifier, dit Adamsberg. J'ai donc rendez-vous demain au Muséum d'Histoire naturelle.
- Je ne veux pas y croire, je ne veux pas y croire. Revenez-nous, commissaire. Bon sang mais dans quelles brumes avez-vous perdu la vue ?
- Je vois très bien dans les brumes, dit Adamsberg un peu sèchement, en posant ses deux mains à plat sur la table. Je vais donc être net. Je crois que ces trois hommes ont été assassinés.
- Assassinés, répéta le commandant Danglard. Par l'araignée recluse ? »
Époustouflant ! du Vargas grand cru. Je me suis régalée ! Cette histoire de recluse vous enferme dans le boudoir non-stop pendant trois jours ! Impossible de fermer le livre sans être à la fin. Je ne vous raconte rien. Trop de suspense à ne pas dévoiler !
Marie-José, Bibliothèque Départementale
Quand sort la recluse / Fred Vargas - Flammarion, 2017
Le 14 juillet 1789 la Bastille, fut prise d'assaut, rasée et brûlée, archives et bâtiments disparaissant comme symbole du pouvoir monarchique absolu à détruire.
Il fallait donc tout le talent et la persévérance de Jean-Christian Petitfils pour fouiller les archives et nous offrir cet ouvrage historique qui se lit comme un roman, roman d'aventures, d'intrigues, de cape et d'épée tant cette prison aux multiples activités offre une vision saisissante de la société.
Forteresse construite au Moyen Âge, la Bastille est vite devenue une prison d'État qui vit passer autant d'illustres prisonniers que de pauvres hères, chacun recevant un traitement égal à son rang : ici des soupers fins, des visites pour le Cardinal de Rohan ; là, la misère, les mauvais traitements pour la pègre...
Lecture passionnante qui nous fait découvrir la vie grouillante et diverse - expériences alchimistes, rébellions, évasions, naissances et histoires d'amour et de trahison - de cette bastille restée de sinistre réputation dans l'imaginaire populaire.
Catherine, Bibliothèque de Briançon
La Bastille / Jean-Christian Petitfils - Talladier, 2016
Marilyne a de la chance, elle est à la tête d’une florissante PME rurale. Son statut de chef lui épargne un sort qui pourrait lui être fatal. Car Marilyne est une brebis-guide qui mène, cloche au cou, ses congénères (destinées à l’abattoir) dans l’hiver et la campagne suisse.
Hiver nomade est le film-témoignage de cette transhumance hivernale, une pratique ancestrale qui permet de continuer à engraisser les agneaux après les mois d’estive. Pascal, le taiseux, et Carole, la tenace au beau visage, sont les bergers de ce troupeau de 800 bêtes. Silhouettes d’un temps révolu (grandes capes noires et chapeaux de feutre), à contre-courant d’un univers hyper connecté, ils nous font partager leur passion et leur quotidien anachronique et rude.
Isabelle, Bibliothèque Aristide-Albert de Briançon
Hiver nomade / un film de Manuel Von Sturler - 2012

Delphine Minoui, journaliste de mère française et de père iranien, a vécu à Téhéran de 1997 à 2009. Loin des clichés, sa vision très objective nous renseigne sur ces années agitées sur le plan politique, marquées par des affrontements constants entre progressistes et conservateurs.
On y découvre une jeunesse iranienne qui se cache pour faire la fête ; les jeunes femmes quittent le voile et se maquillent outrageusement dans des soirées clandestines où l'alcool coule à flots. On découvre également le quotidien des Iraniens, la surveillance des journalistes et des personnes susceptibles de mener des actions contre le pouvoir.
Mais Je vous écris de Téhéran, c'est avant tout le récit d'une femme amoureuse de son pays paternel. Et malgré les tiraillements entre ouverture et repli sur soi, le peuple perse reste rempli d'espoir pour l'avenir. Un récit poignant à découvrir.
Julie, Bibliothèque de La Salle les Alpes
Je vous écris de Téhéran / un livre de Delphine Minoui - Seuil, 2015
Au moment où l'histoire de l'Irak s'efface à l'explosif et où les mémoires s'estompent peu à peu, ce récit recueille les souvenirs d'une fillette, d'une famille et de tout un pays. Coquelicots d'Irak est un roman graphique stylisé et poétique. C'est un livre délicat qui met en perspective les souvenirs d'une enfance irakienne, sa culture et son érudition, face à la barbarie de l'actualité. Le couple Brigitte Findakly - Lewis Trondheim signe une fabuleuse autobiographie dessinée et un témoignage intelligent, précieux, sur l'Irak d'avant. À ne pas manquer.
Isabelle, Bibliothèque de L'Argentière-la-Bessée
Coquelicots d'Irak / Brigitte Findakly & Lewis Trondheim - Éditions L'Association, 2016
Alain Marsoulier est un médecin généraliste tout ce qu'il y a de plus respectable. Sa vie s'écoule lentement entre ses consultations et son quotidien, plutôt morne, avec sa femme Véronique. Un matin, Alain reçoit une lettre vieille de 33 ans : la maquette envoyée par le groupe dont il était alors membre, Les Hologrammes, a plu à la prestigieuse maison de disques Polydor. Problème, le courrier arrive avec 33 ans de retard, et les Hologrammes, déçus par leur manque de succès, se sont séparés il y a bien longtemps.
Les rêves de jeunesse enfouis d'Alain remontent à la surface ; il se met alors à la recherche des autres membres du groupe pour retrouver cette fameuse maquette. Mais les ex-Hologrammes ont vu leurs routes s'éloigner depuis belle lurette, et ont connu des destins différents, pour le meilleur et pour le pire...
Avec ce roman choral, Antoine Laurain nous livre une vision à la fois drôle et caustique de notre société : les derniers vestiges des années 80 ont désormais disparu (ou presque), et les personnages tentent, chacun à leur manière, de mener leur vie dans un monde cynique. La communication est toute-puissante, l'extrême-droite organise des meetings dans des Zénith - la culture, elle, se voit réduite à sa seule dimension commerciale. Le tableau invite à la mélancolie, mais rassurez-vous : les âmes les plus "pures" sont récompensées à la fin. L'ouvrage est porté par une écriture élégante, souvent pince-sans-rire, parfois très drôle. Les ficelles de l'intrigue sont un peu grosses par moments, mais on referme tout de même le livre avec le sourire aux lèvres.
Fabien, Bibliothèque départementale
Rhapsodie française / un roman d'Antoine Laurain - Flammarion, 2016
Le 24 avril 1915 est considéré comme le premier jour du génocide arménien : l'arrestation de 250 personnalités est le prélude à plus d'une année d'exactions de grande ampleur. Alors que l'on commémore cette semaine les 102 ans de l'événement, replongez dans l'histoire avec deux ouvrages et un film, présentés par la bibliothèque de Briançon.
Au début du XXe siècle, l'Empire ottoman s'écroule petit à petit. De ses cendres, naîtra l'État turc, marqué dès le début de son histoire par un nationalisme exacerbé. Prise dans la tourmente de la Première Guerre mondiale, la Turquie programme le premier génocide du siècle, perpétré contre les Arméniens. Aujourd'hui, petit à petit, cette page terrible et refoulée de l'histoire de la Turquie est mise en lumière à travers différents témoignages.

Un premier ouvrage : Le livre de ma grand-mère, de Fethiye Cetin, avocate turque qui découvre très tard les origines arméniennes de sa grand-mère, rescapée du génocide et arrachée à sa mère pour être vendue à une famille turque.
Le livre de ma grand-mère / Fethiye Cetin - Éditions Parenthèses, 2013 (nouvelle éd.)
Un roman-témoignage : L'étrangère, de Valérie Toranian. Un texte drôle, pudique et touchant sur la grand-mère de l'auteure, Arménienne exilée à Marseille.
L'étrangère / Valérie Toranian - Flammarion, 2015
Voir dans notre catalogue (existe aussi en gros caractères)
Un film : Génocide arménien, le spectre de 1915, qui, à travers différentes interviews, images d'archives et enquêtes de terrain, retrace tout en retenue et humanité le génocide arménien et son impossible "héritage" aujourd'hui.
Génocide arménien / un documentaire de Nicolas Jallot - 2014
Catherine, Bibliothèque de Briançon
Nous sommes en 2017. Antoine, trentenaire parisien, marié et père de famille, mène une double vie. Il se fait aussi appeler Saint-Just, par les membres du groupuscule révolutionnaire dont il fait partie. Leur nom de code : Ventôse. Leur objectif : renverser le pouvoir, dont ils ne reconnaissent plus la légitimité. Selon eux, la démocratie représentative ne fonctionne plus, les élections ne servent à rien, les gouvernants ont renoncé à l'intérêt commun et ne travaillent plus qu'à satisfaire le pouvoir économique, les lobbies... Alors Ventôse passe à l'action, et enlève le Président de la République - une prise d'otage qui aura une issue tragique.
Un roman contestataire et optimiste
Nous sommes à présent en 2037. Rosa, la fille d'Antoine, a grandi. Professeure de lettres dans un collège, elle vit en colocation avec Rufus, son meilleur ami. Le bail de leur appartement expire, et leurs maigres revenus ne leur permettent pas de trouver un logement décent. En signe de protestation face à cette crise du logement qui n'en finit pas de s'aggraver, ils décident de planter une tente dans un jardin public, près des Champs-Élysées. Très vite, grâce aux réseaux sociaux, un groupe de jeunes contestataires se forme autour de leur campement : ils vont se surnommer "le groupe des 68"...
C'est une société éclatée et à bout de souffle que nous décrit Denis Lachaud : la fracture sociale y est exacerbée, la sécurité et la surveillance en sont l'alpha et l'oméga, les deux partis de gouvernement sont totalement coupés de leurs électeurs, et les médias dominants sont à leur botte. Dans cette société, les migrants (parmi eux, Ekaterini, une jeune Grecque) se voient enfermés dans des zones réservées, séparées du reste de la population par des murs... Cependant, malgré le futur assez angoissant qu'il décrit, le roman de Denis Lachaud est plein d'espoir ; c'est un vrai plaidoyer pour l'engagement de chacun d'entre nous.
Fabien, Bibliothèque départementale
Ah ! Ça ira... / un roman de Denis Lachaud - Actes Sud, 2015
Le dernier roman d'Isabelle Autissier est une réflexion sur l'homme dans la nature : un couple part faire le tour du monde en voilier. Entre la Patagonie et le Cap Horn, malgré les nuages, ils décident de s'arrêter sur une île interdite aux hommes. Une énorme tempête les oblige à rester sur l'île et ils s'abritent dans d'anciens bâtiments baleiniers. Quand ils veulent repartir, leur bateau a disparu. Ils vont devoir apprendre à survivre dans une nature hostile et très sauvage, tuer des manchots pour se nourrir, s'affronter mutuellement... L'homme redevient sauvage, la nature que l'on rêve devient un cauchemar.
Ce roman fait éprouver des sentiments très forts et m'a hanté pendant plusieurs jours.
Carole, Bibliothèque du Dévoluy
Soudain, seuls / Isabelle Autissier - Stock, 2015
